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Meublé de tourisme 2026 : et si vendre valait mieux ?

Continuer à louer en meublé de tourisme coûte plus cher qu'avant — parfois plus que ça ne rapporte.

Enregistrement national obligatoire, DPE désormais exigé, fiscalité resserrée pour les meublés non classés : la loi Le Meur a changé, pièce par pièce, l'équation économique du meublé de tourisme en 2026. Pour certains propriétaires, la revente redevient une option à chiffrer sérieusement.

L'enregistrement national, obligatoire depuis le 20 mai 2026

Depuis le 20 mai 2026, tout meublé de tourisme proposé à la location doit disposer d'un numéro d'enregistrement national, délivré via le téléservice « Declaloc » porté par la Direction générale des entreprises. Le décret n° 2026-196 du 19 mars 2026, publié au Journal officiel le lendemain, en précise le fonctionnement et organise la transmission des données aux communes qui le demandent. Le défaut d'enregistrement est puni d'une amende de 10 000 €, portée à 20 000 € en cas de fausse déclaration.

Le DPE, désormais une condition pour louer

Autre changement de fond : un DPE est maintenant exigé pour proposer un logement en meublé de tourisme, avec un calendrier d'exclusion propre à ce type de location — distinct de celui déjà en vigueur pour les locations classiques. Depuis 2026, un logement classé F ou G ne peut plus être mis en location touristique ; les meublés déjà existants devront atteindre la classe D au plus tard en 2034. Seule exception notable : un logement qui reste la résidence principale de son propriétaire, louée seulement quelques semaines par an, échappe à cette obligation de décence énergétique.

Une fiscalité nettement moins avantageuse pour les non classés

Sur les revenus 2025, déclarés au printemps 2026, le régime micro-BIC des meublés de tourisme non classés (c'est-à-dire sans classement Atout France) a changé d'échelle : l'abattement forfaitaire est passé de 50 % à 30 %, et le plafond de recettes permettant de rester au micro-BIC de 77 700 € à 15 000 €. Les meublés classés conservent le régime plus favorable (50 % d'abattement, plafond à 77 700 €). Concrètement, un propriétaire qui louait 25 000 € par an sans classement était imposé sur 12 500 € avant cette réforme ; il l'est désormais sur 17 500 €, et dépasse même le nouveau plafond du micro-BIC, ce qui le bascule vers le régime réel.

Ce que ça change dans le calcul

Pris séparément, chacun de ces changements reste gérable : faire classer son bien auprès d'Atout France atténue le choc fiscal, des travaux ciblés peuvent suffire à sortir des classes F et G. Mais additionnés — démarches d'enregistrement, coût des travaux ou perte de valeur locative si rien n'est fait, fiscalité alourdie — l'équation économique du meublé de tourisme non classé et énergivore s'est nettement dégradée depuis 2025. Pour un propriétaire qui envisageait déjà de revendre à moyen terme, ces contraintes cumulées peuvent avancer le calendrier.

Ce qu'il faut retenir

La loi Le Meur ne se limite plus à une contrainte administrative : entre enregistrement obligatoire, DPE et fiscalité resserrée pour les meublés non classés, elle pèse directement sur la rentabilité d'un investissement locatif touristique. Avant de vous lancer dans une mise en conformité coûteuse, comparez-la sérieusement à une estimation de vente — la bascule vers la revente est parfois la solution la plus rentable.

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